jeudi 6 mars 2008

ASH pour les fumeurs.


"Encore une autre pub contre la cigarette!" C'est une des phrases que l'on entend souvent lorsque l'on aperçoit des publicités contre la consommation de tabac. Les gens sont saturés de messages leurs disant que la cigarette est néfaste pour la santé de tous. Les fumeurs, eux, ils aiment ça l'odeur de la boucane, ils le savent que leurs poumons vont leur en vouloir plus tard. Mais tous se disent que ce n'est pas si dommageable que ça, que la société s'en fait pour rien. Et c'est là que la question se pose : Comment dire à ces fumeurs qu'il serait préférable pour eux et pour nous tous qu'ils cessent de fumer? La réponse était devenue évidente lorsqu'on avait lancé les paquets de cigarettes tapissés de photos de poumons cancéreux et de dents jaunies. Depuis ce temps, les fumeurs en ont fait abstraction et continuent d'aller dehors à moins quarante degrés celsius pour en fumer "une petite",

C'est avec cette façon de voir que l'agence DDB a pris le mandat de ASH (Action of Smoking and Health) pour la campagne de 2008. Il fallait trouver un moyen de montrer aux fumeurs que la cigarette était réellement dangereuse. Ils ont donc crée un visuel ainsi qu'une signature très percutants. Les deux cigarettes en fumées font référence aux attentats terroristes du 11 septembre 2001. Les images de ces attentats ont fait le tour du globe pendant des semaines et des mois; et même des années plus tard, on en parle encore. Le nombre de morts reliés aux attentats terroristes est 300 fois plus petit que ceux causés par le tabac. On a donc crée une image forte qui nous rappelle que la cigarette est une des plus grandes causes de mortalité en Amérique du nord.

POWA force la note.


Lorsque vous n'avez pas de budget et que vous avez à transmettre un message si fort à travers un seul média, vous vous devez de l'exploiter au maximum. C'est ce que la POWA, People Opposing Women Abuse, a réussi à faire. Un seul media, le magazine, un sujet, le viol et un concept qui est très évocateur. L'abus sexuel a été vu et revu en termes de publicité, mais ce n'est pas ce qui a empêché la POWA de créer une publicité sortant de l'ordinaire. Le viol est un sujet qui fera toujours parlé tant et aussi longtemps qu'il ne disparaîtra pas; et aussi pessimiste que cela puisse paraître, cela ne se produira jamais. Par contre, c'est en diffusant des messages comme celui-ci que la société pourra avancer et peut-être enrayer ce facheux problème. Pour ce qui est de l'idéation, l'équipe de création n'est pas tombée dans le déjà-vu, ce qui aurait été facile avec un tel sujet.

Tout le concept du message se trouve dans l'idée que le lecteur soit obligé d'interagir avec la création en déchirant les deux pages collées. C'est quelque chose qui amène un double sens intéressant, car le lecteur se doit comme le violeur d'utiliser la force pour en arriver à ses fins. C'est un excellent message qui mérite d'être vu.




City of Hope frappe fort.


Ils ont frappé fort et c'est le cas de le dire. La nouvelle campagne pour City of Hope, un organisme qui milite contre la violence à domicile, a fait beaucoup jaser dernièrement. Crées par TBWA, une agence américaine, les trois exécutions imprimées sont d'une simplicité exemplaire signées avec subtilité. Le but de la campagne était de démontrer la gratuité de la violence domestique qui, souvent, n'est impossible à prévoir ni à comprendre pour la victime.

Selon plusieurs experts, cette tendance de choquer en marketing social n'est pas nouvelle et commence à perdre de la crédibilité auprès des annonceurs et des consommateurs. Pour ma part, je crois que le "Shockvertising", comme beaucoup aiment bien l'appeler, a encore sa place dans le monde du marketing de la cause. Il est possible de choquer l'auditoire tout en l'informant sur l'utilité et l'efficacité de l'organisme en question. Amener l'auditeur à se questionner sur ce qu'il vient de voir est bien plus facile lorsqu'on le choque. Quand un message déstabilise et qu'il détonne de la routine, l'interpellation est bien plus importante. Il est toute fois de mise d'être capable de doser informations et images choquantes. Mission accomplie dans ce cas-ci. Je dis donc chapeau à TBWA ainsi qu'à l'organisme City Of Hope pour avoir eu le culot de diffuser une autre publicité sociétale choquante.